Pourquoi tant de contes de fées impliquent un voyage dans les bois

Hansel et Gretel s'y égarent. Blanche-Neige s'y enfuit. Le château de la Belle au bois dormant disparaît derrière l'un d'eux. La forêt apparaît si souvent dans les contes de fées que les folkloristes la traitent comme une catégorie à part entière.

Un nombre surprenant de contes de fées partagent une même action : à un moment donné, un personnage quitte la maison, le village ou le château et s'enfonce dans les bois. Hansel et Gretel y sont conduits par leurs parents. Blanche-Neige s'y réfugie pour échapper à un chasseur. Le château entier de la Belle au bois dormant disparaît derrière un mur de forêt épineuse pendant cent ans. La forêt n'est pas un décor anecdotique dans ces histoires — elle accomplit un véritable travail narratif, et elle apparaît trop constamment, à travers trop de contes sans rapport, pour être une coïncidence de décor.

Les folkloristes ont un nom pour ce que la forêt représente réellement : c'est un espace liminal — un seuil entre un état et un autre, plutôt qu'un lieu à part entière. Presque rien d'important dans un conte de fées ne se passe dans la sécurité du foyer, et presque rien ne se passe non plus une fois qu'un personnage est pleinement arrivé quelque part de nouveau et de stable. La forêt est le passage entre les deux, et cette qualité d'entre-deux s'avère être tout l'intérêt de placer un personnage là.

L'un des trois décors fondamentaux des contes de fées

Les chercheurs qui étudient la structure des contes de fées décrivent généralement les histoires comme étant construites à partir d'un petit ensemble de types de lieux récurrents : un espace sûr (la maison, le village), un espace dangereux (la chaumière de la sorcière, la salle du géant), et un espace liminal reliant les deux — très souvent, la forêt. Ce rôle de connexion est ce qui le rend utile à un conteur : c'est un espace où les règles normales de la maison ne s'appliquent plus, mais où le véritable danger de l'histoire n'est pas encore pleinement arrivé non plus, ce qui en fait le cadre idéal pour qu'un personnage soit testé, tenté ou perdu avant que la menace centrale de l'intrigue n'apparaisse. Le psychologue Bruno Bettelheim, dans son étude influente des contes de fées, Psychanalyse des contes de fées, a interprété la forêt plus spécifiquement comme un substitut de l'inconscient — un lieu où un personnage sans un sens de soi pleinement développé doit trouver son propre chemin, et où en sortir représente une véritable croissance psychologique plutôt qu'un simple changement de décor.

Une véritable limite historique de la carte

Le symbolisme a aussi une racine historique simple. La plupart des contes de fées recueillis et écrits aux XVIIIe et XIXe siècles provenaient d'une Europe du Nord et de l'Ouest qui, de mémoire d'homme, était encore fortement boisée — et les forêts étaient véritablement là où le monde familier du village se terminait. Les bandits, les loups et le simple fait de se perdre étaient des risques réels et pratiques des bois entourant une ville réelle, et non pas une simple invention d'auteur. Perdre son chemin au-delà du dernier champ ou de la dernière maison, en d'autres termes, n'était pas une peur abstraite pour les personnes qui ont raconté ces histoires pour la première fois — cela décrivait un danger ordinaire de s'aventurer au-delà des terres habitées. Cela a donné à la forêt une double signification qui a survécu aux conditions historiques qui l'ont créée : une frontière littérale de sécurité, et une métaphore du fait de laisser la sécurité derrière soi, intégrées dans le même décor.


Deux contes qui utilisent les bois différemment

Wonder Tales propose un large éventail d'histoires qui s'appuient sur ce même décor à des fins différentes. Hansel et Gretel sont abandonnés dans la forêt par les circonstances et doivent y survivre grâce à leur propre ingéniosité, transformant les bois en un test de débrouillardise. Dame Holle envoie son héroïne au fond d'un puits dans un tout autre type de seuil — pas une forêt, mais la même idée sous-jacente d'un passage entre le monde ordinaire et un endroit plus étrange, où elle est testée et récompensée avant de rentrer chez elle transformée.

Questions fréquentes

Que symbolise la forêt dans les contes de fées ?

Les folkloristes la considèrent généralement comme un espace liminal — un seuil entre la sécurité du foyer et le danger ou la transformation vers lesquels l'histoire se dirige, plutôt qu'un lieu à part entière. La lecture influente de Bruno Bettelheim dans Psychanalyse des contes de fées la lie plus spécifiquement à l'inconscient et à la croissance personnelle.

La forêt est-elle toujours un endroit dangereux dans ces histoires ?

Généralement menaçante plutôt que purement maléfique — c'est là qu'un personnage est testé, perdu ou tenté, et la traverser permet à l'histoire d'avancer. Le danger est la raison de placer un personnage là, pas un défaut du décor.

Pourquoi tant d'anciens contes de fées utilisaient-ils spécifiquement une forêt et non un autre décor ?

En partie parce que cela reflétait le paysage réel autour des conteurs — une grande partie de l'Europe du Nord et de l'Ouest était encore fortement boisée lorsque ces contes ont été recueillis aux XVIIIe et XIXe siècles, et la forêt marquait véritablement la limite des terres sûres et habitées.

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